Cette exposition a pour objet le rôle et la place occupée par les étudiants étrangers
au sein du mouvement de Mai-Juin 1968

Ils sont alors nombreux à étudier dans la capitale française, ou dans d’autres villes universitaires du territoire, qu’ils soient africains (Afrique du Nord et Afrique sub-saharienne), européens (Allemands, Portugais, Italiens, Espagnols, Grecs, britanniques), sud-américains, israéliens, américains du Nord (Etats-Unis ou Québec), palestiniens. Ils adhèrent généralement au Mai français tout en mettant en oeuvre des logiques spécifiques liées aux conditions politiques et sociales de leur pays d’origine.

Qu’il s’agisse de contester des dictatures pour les Grecs, Portugais, Espagnols, Argentins ou Brésiliens, de contester la guerre du Vietnam ou le racisme (Américains), de lutter pour la paix en Palestine, ils insèrent au sein du Mai français leurs revendications et profitent de ce moment de libération exceptionnelle de la parole pour élever eux-aussi la voix.

Et toutes ces voix parlent néanmoins une même langue, internationaliste et faisant fi des frontières, ou appelant à leur suppression.

Il s’agit donc ici de rendre compte de leurs paroles et actes en France mais aussi de la situation en 1968 de leurs pays respectifs. On souhaite ainsi, comme en Mai, faire fi des frontières et penser, très modestement, il est vrai, le monde de l’année 68, en une démarche d’histoire globale.

Une équipe de chercheur.e.s spécialistes des pays concernés a ainsi été réunie et a travaillé pour l’exposition que vous allez maintenant consulter.

Nous ouvrons l’exposition avec le portrait d’un jeune africain, Omar Blondin Diop, qui participa à Mai 68 en France (il fut du mouvement du 22 mars) avant de se lancer dans une véritable aventure révolutionnaire qui finira très mal puisqu’il sera assassiné dans la prison de Gorée. Nous avons traité les DOM comme des pays étrangers, dans la mesure où les revendications sont ici autonomie et/ou indépendance.

Nous avons également consacré un chapitre à la Cité internationale, où logent nombre de ces étudiants, et entrée comme le reste du pays en ébullition. Ainsi qu’un chapitre à la lutte contre la guerre du Vietnam car, s’il est une cause internationale, c’est bien celle-là.
Pour finir, nous avons voulu nous faire et vous faire plaisir en publiant quelques poèmes issus du travail du CRAC. La poésie a été, aussi, une des langues de mai.

La plupart des documents ici présentés sont issus du fonds Mai-Juin 68 du Centre d’histoire sociale du XXe siècle.

LES THÈMES

Le fonds mai-juin 1968 du CHS

Omar : D’un monde à l’autre

Cité universitaire internationale

DOM rebelles

Amérique du Nord

Europe

Afrique du Nord

Vietnam, Vietnam !

Un peu de poésie

ONT COLLABORÉ À CETTE ÉDITION :

Ludivine Bantigny (GRHis, Université de Rouen), Barbara Bonazzi (CHS), Marco Grispigni (Commission européenne), Burleigh Hendricksson (Dickinson College), Ingrid Holtey (Université de Bielefeld), Jean Lamarre (Collège militaire royal du Canada), Pierre-Jean Le Foll-Luciani, Nino Lima (ENS Cachan), Edenz Maurice (CERMA/CHSP), Martin Mourre (IHA-Crepos), Angelica Muller (Université fédérale “Fluminense”), Eugenia Palieraki (Université Cergy Pontoise/Agora), Marc Pujals i Lladó (Université Paris1), Arthur Roth (Université Toulouse Jean Jaurès), Sabine Rousseau (Larha), Eric Skalecki (CHS), Palmira de Sousa (Campus Condorcet), Guillaume Tronchet (ENS/IHMC), Rossana Vaccaro (CHS)…

Éditrice : Françoise Blum (CHS)